La clôture électrique sundgauvienne

En automne 1914, le Général allemand Von Gaede  prit des dispositions en faisant construire une ligne électrifiée le long de la frontière suisse. (am Südende der Westfront)

Cet ouvrage se traduisit par la mise en place d’une clôture en barbelé électrifié, appelée la clôture du Sud (Sudzaun oder Suddrahtzaun) ou le grillage électrifié (der Elektrische Haag).

Elle débutait à quelques mètres de la ferme du Largin, puis contournait Courtavon, Levoncourt, Oberlarg, Winkel, Ligsdorf, Raedersdorf, Lutter, Oltingue, puis Hagenthal et rejoignait ensuite le Rhin. (La ferme du Largin est implantée sur une presqu’île suisse qui pénètre dans le  territoire alsacien, on appelle ce lieu « le Bec de Canard ou (Schweizer Zipfel)»

Les travaux débutèrent vers la fin de l’année 1914, et durèrent jusqu’au mois de mars 1915. L’enclos était constitué de poteaux de bois, reliés par une dizaine de lignes de barbelés, sur une hauteur avoisinant les trois mètres.

Par endroits, ce tracé se vit renforcé par une deuxième et troisième ligne de barbelés.
L’ensemble fut placé sous la haute surveillance du bataillon n° 109 de la 8ème Landwehr Division.

Afin que cette clôture devienne une barrière infranchissable, elle fut mise sous haute tension, uniquement alimentée la nuit. Le transformateur de Waldighoffen procura l’électricité.

Cette nouvelle frontière militaire donna naissance à une zone neutre de treize communes : Lucelle, les fermes voisines, Kiffis, Lutter, Wolschwiller, Biederthal, Liebenswiller, Leymen, Neuwiller, Hégenheim, Bourgfelden, Saint-Louis, Village-Neuf et Huningue.

Les habitants de ces localités avaient l’autorisation de circuler librement dans cette zone. Des postes de passage furent installés à Winkel, Raedersdorf, Oltingue, Hagenthal-le-Bas, Buschwiller, Hésingue et Michelfelden. Cependant, le franchissement de cette porte n’était autorisé qu’aux fonctionnaires, médecins, sages femmes et civils munis d’une autorisation spéciale